Gilles Loïc Djayep - Fondateur d'AfroESTP

Salut et merci d’avoir accepté l’interview ! Quel est ton parcours ?

Bonjour, et merci de l’honneur que vous m’accordez d’apparaître sur votre blog.

Je m’appelle Gilles Loïc Djayep (Loïc pour les plus proches), je suis camerounais, j’ai 25 ans et j’ai récemment été diplômé de l’ESSEC Business School.

Pour décrire succinctement mon parcours, après avoir obtenu mon baccalauréat scientifique au Cameroun, j’ai choisi la France pour son système de classes préparatoires; premièrement parce que j’aimais bien faire des maths et deuxièmement parce que j’aimais le côté challengeant de la prépa.
Ensuite j’ai intégré l’Ecole Spéciale des Travaux Publics de Paris (ESTP Paris) car, ayant à cœur de contribuer au développement du continent africain (et du Cameroun), je voyais le fait d’avoir une culture scientifique dans le domaine de la construction et des énergies comme une première étape intéressante pour atteindre cet objectif.
Ensuite, mon envie d’apprendre de nouvelles choses et d’être polyvalent m’a pousser à rejoindre l’ESSEC dans le parcours "grande école" que j’ai terminé cette année.

Pour les activités extra scolaires, et notamment dans l’associatif, j’ai récemment co-présidé l’ESSEC consulting club, l’association qui promeut le métier du conseil en stratégie à l’ESSEC. Quand j’étais à l’ESTP, j’ai été Community manager du forum de l’école (le plus grand événement annuel de l’école) ; et surtout, en 2e année, j’ai lancé avec d’autres amis africains de l’ESTP, l’association AfroESTP, l’association de la promotion de l’Afrique au sein de l’école.

Les membres du bureau d'ESSEC Consulting Club
La 37e édition du ForumESTP

Pour quelles raisons as-tu créé AfroESTP ?

J’avais un double objectif en créant AfroESTP : (i) faire découvrir les cultures africaines aux autres étudiants de l’école, (ii) permettre aux étudiants et diplômés de l’école d’avoir accès à des opportunités de travail sur le continent africain. Sur le premier objectif, je trouvais qu’avec la diversité présente au sein de l’école, créer une telle association allait permettre aux étudiants de découvrir les cultures des africains de l’école. J’étais alors convaincu - et je le suis toujours - que découvrir la culture de l’autre est une véritable source d’enrichissement.

Sur le deuxième objectif, j’avais mis l’accent dessus car les étudiants peinaient à trouver des opportunités à l’international, or c’était nécessaire pour eux d’en trouver car c’était obligatoire d’effectuer 13 semaines à l’étranger pour avoir son diplôme. De plus, étant bien au fait de l’essor des projets d’infrastructures en Afrique, j’étais alors convaincu qu’il y aurait des opportunités pour les étudiants.

Logo d'AfroESTP

Pourquoi as-tu effectué une transition d'une école d’ingénieur à une école de commerce ?

Je crois réellement qu’on se développe intellectuellement en gagnant en polyvalence, en diversifiant ses connaissances donc, et en côtoyant des personnes différentes.

Ainsi, j’aimais l’opportunité qu’une école de commerce m’apportait d’apprendre de nouvelles choses, moi qui avais eu jusque-là un enseignement à dominante scientifique. De plus, l’école de commerce me permettait d’avoir davantage de choix d’opportunités professionnelles. C’est donc pour ces raisons que j’ai opté pour cette transition. Je suis alors content d’y avoir appris de la finance, du marketing, de la négociation et d’autres choses intéressantes (e.g., cours sur le luxe).

As-tu des conseils à donner aux étudiants qui aspirent avoir un parcours similaire au tien ?

Le premier conseil que je donnerais c’est d’être persévérant. En effet les gens qui me côtoient savent à quel point il a souvent été (très) compliqué pour moi de trouver des stages. Aujourd’hui j’ai peut-être un CV intéressant, mais derrière ça, se cache un nombre incalculable de refus, et de périodes compliquées.

Ce qui m’amène au 2ème conseil : il faut croire en vous et en vos chances. Les gens aux postes que vous visez ne sont pas des extraterrestres, dites-vous que aussi vous pouvez le faire. Même si vous évaluez à 1% vos chances de succès, c’est déjà assez, tentez votre chance. Ne vous mettez pas de barrière, ne soyez pas la première personne à vous dire non.

Ensuite, je dirais de ne pas hésiter à échanger avec d’autres personnes, l’information c’est vraiment la clé. Par exemple, n’hésitez pas à contacter des gens (sur LinkedIn par exemple) pour échanger avec eux sur leur métier et ce qu’ils font concrètement. Les gens aiment bien parler d’eux, ils vous accorderont du temps si vous demandez gentiment. Qui sait, c’est peut-être ainsi que vous trouverez le travail qui vous passionnera.

Envisages-tu de travailler sur le continent (l'Afrique) ?

Oui j’aimerais travailler sur le continent et ainsi contribuer à mon échelle, au développement du continent. C’est pour cette raison que j’ai rejoint le bureau d’Afrique francophone de McKinsey à Casablanca qui accompagne des entreprises et des gouvernements du continent sur leurs différentes problématiques. J’y vois alors là l’opportunité de travailler sur des sujets variés qui auront un impact direct sur le continent.

Un mot pour la fin ?

Entrainement difficile, guerre facile.

DIABY Mohamed Lamine

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